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Édition 2026
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War on Screen

Bertrand Tavernier



INVITÉ D'HONNEUR WOS 2019


Bertrand Tavernier a toujours été passionné par l’Histoire. Parlant de son enfance, il confiait à Jean-Luc Douin : « Ce que je préférais, c’étaient les romans qui débouchaient sur l’Histoire. à travers Balzac, Hugo, zola, Dumas, j’avais envie d’explorer l’Histoire ». Bertrand Tavernier aime par ailleurs citer cette phrase de Samuel Fuller : « Il faut faire des films quand on est en colère contre quelque chose ». Comment aurait-il pu ne pas s’intéresser à la guerre ? Elle traverse - quand elle n’en est pas directement le sujet - nombre de ses films. 


Malgré son admiration pour Hugo et Zola, l’approche de la guerre par Tavernier est plutôt stendhalienne. Les batailles qui nous sont montrées dans Conan ne nous aident guère à comprendre ce qui s’y passe. C'est parce que le regard de Tavernier est un regard de l’intérieur ; jamais de vue surplombante. Et c’est de l’intérieur qu’il nous décrit cet officier maniaque et désillusionné qu'interprète Philippe Noiret dans La Vie et rien d’autre et qui est confronté, deux ans après la fin de la guerre, à deux femmes cherchant, parmi 350 000 disparus, les dépouilles introuvables de leurs maris et fiancés. La Vie et rien d’autre, ce film pacifiste, sur la résurrection des morts-vivants. Si la période de la Grande Guerre l’a attiré, c'est le Moyen âge qui l’a d’abord fasciné, à travers, par exemple, les chansons de geste qu’il lisait dans sa jeunesse. Dans La Passion Béatrice, il dépeint le crépuscule de la chevalerie et, ayant lu Braudel, Duby et Le Goff, il établit un rapport dramatique entre le décor et les personnages. Les cinéastes qui l’inspirent : Akira Kurosawa et Michael Powel, cinéaste anglais qu’il a tellement contribué à réhabiliter et dont il aime tant l’énergie, la fantaisie, les portraits de femmes...

Dans ses films de guerre, comme tous les grands cinéastes, Tavernier nous parle autant du présent que du passé. Parce que sa curiosité et ses colères contre la bêtise et les injustices y restent identiques.


Il nous a quittés en 2021.