QUAND LE CINÉMA ACCUSE

 

LA GRANDE GUERRE EN ACCUSATION


Dans le cadre de notre traversée thématique de la guerre 14-18 (après notre jubilation à découvrir les frasques des espionnes et le rôle déterminant de l'aviation pendant cette période), nous avons choisi cette année des films qui montrent le caractère absurde, insoutenable de cette guerre et dénoncent les abus des pouvoirs politique et militaire. Le film le plus célèbre répondant à cette proposition, Les Sentiers de la gloire (1957), interdit en France pendant 18 ans, ayant été projeté l'année dernière à l'occasion d'un cycle consacré à Kubrick et la guerre, nous vous en proposons quatre autres remarquables, deux français, un américain et un italien. Le premier, chronologiquement, est un film d'Abel Gance, grand cinéaste inspiré connu essentiellement pour son extraordinaire Napoléon, qui dès 1918 dresse une fresque terrible et impressionnante de la guerre sur fond d'histoire d'amour dans un J'accuse au titre bien évidemment inspiré par l'article de Zola en faveur de Dreyfus. La séquence finale, où les soldats reviennent demander des comptes aux vivants, est incroyable. Moins polémique, annonçant ce grand film pacifiste qu'est La Grande Illusion de Jean Renoir, Raymond Bernard, adapte en 1931 le roman de Roland Dorgelès Les Croix de bois. C'est un film bouleversant d'un réalisme cru et d'une rare authenticité tourné avec le concours d'anciens combattants et de grands acteurs comme Charles Vanel et Pierre Blanchar.

Alors que la guerre du Vietnam fait rage, deux films sortent sur les écrans. En 1970, Dalton Trumbo adapte son propre roman paru en 1939 Johnny s'en va-t-en guerre. Le résultat est l'un des plus violents réquisitoires contre la guerre à travers le portrait d'un homme privé de la parole, de la vue, de l'ouïe et de l'odorat et de ses quatre membres. C'est Rosi qui dégaine l'année suivante avec Les Hommes contre. Ce film s'en prend sans gant à l'impéritie du pouvoir militaire italien en 1916, qui envoie au massacre ses soldats quand il ne les massacre pas lui-même. Accusé de dénigrer l'Armée, le film obtint l'acquittement. « La guerre est un mal qui déshonore le genre humain » écrivait Fénélon.

- Olivier Broche

 

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les films


J’ACCUSE
, Abel Gance (1938) – France

LES CROIX DE BOIS,
Raymond Bernard (1931) – France

JOHNNY S’EN VA T-EN-GUERRE
, Dalton Trumbo (1973) - États-Unis

LES HOMMES CONTRE
, Francesco Rosi (1970) – Italie




 

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