JEANNE D'ARC, LE POUVOIR DE L'INNOCENCE

 

 

 

JEANNE D'ARC SAINTE HEROÏNE DU CINEMA


Jeanne d’Arc n’avait pas encore été canonisée - elle le sera en 1920 - que dès 1898 le cinéma, à la suite du théâtre, de la poésie, de la littérature… s’en emparait. Le film de Méliès que nous présentons ici, date de 1900, il est le troisième de ces films et dure 10 mn. Selon Hervé Dumont dans son Jeanne d’Arc, de l’Histoire à l’écran, Jeanne d’Arc a inspiré plus d’une centaine de films et téléfilms et il ne comptabilise pas les jeux vidéo.

Jeanne d’Arc est née vers 1412 à Domrémy dans le duché de Bar (Est du Royaume de France) et morte comme chacun sait à Rouen, brûlée, en 1431. Certains historiens comme Roger Caratini affirment qu’il n’y a presque rien de vrai dans l’épopée de Jeanne d’Arc, qu’elle n’a joué aucun rôle militaire et que les Anglais ne sont pour rien dans sa mort. Ce dernier ajoute toutefois qu’en art, la vérité n’a aucune importance. Ce n’est pas si sûr. On comprend quoi qu’il en soit que la vie, réelle ou imaginaire, de Jeanne d’Arc ait inspirée autant de films : femme jeune et aussi virile, vierge et aussi guerrière, sainte et triviale, révoltée et soumise, mystique et réaliste, mélange d’abnégation et d’idéalisme, active et contemplative, elle incarne l’héroïne de cinéma par excellence. Chaque cinéaste a pu la faire sienne, pour le meilleur et parfois pour le pire. Cinq films sont présentés ici. Le plus récent de notre rétrospective est celui de Luc Besson qui privilégie le spectaculaire avec un certain panache. Le plus ancien est La Passion de Jeanne d’Arc (1928) du très grand cinéaste danois Carl Théodore Dreyer qui fait de Jeanne incarnée par l’actrice Renée Falconetti une femme martyre de l’intolérance religieuse. En 1962, Robert Bresson se basant aussi sur les minutes du procès filme le mystère de la foi insondable de cette jeune femme. Le procès de Jeanne d’Arc, « c’est l’injustice prenant la figure de la justice, la sèche raison luttant contre l’inspiration, l’Illumination» déclarait le cinéaste. Quelques années auparavant, en 1957, Otto Preminger aux USA filmait pour la première fois la jeune Jean Seberg qu’il avait découverte à l’occasion d’un casting géant - 18000 candidates (!) - pour interpréter Jeanne dans l’adaptation pour le cinéma de la pièce de George-Bernard Shaw, Sainte Jeanne. Probablement le moins religieux de tous les films de notre sélection mais pas le moins sublime selon le critique Jacques Lourcelles, qui en parlait comme d’un « film intime et secret, un film de chevet ». En 1970, dans un film méconnu, Le Début, le metteur en scène soviétique Gleb Panfilov raconte l’histoire d’une jeune ouvrière et comédienne amateur, habituée au rôle de sorcière, à qui un réalisateur propose de jouer dans son film le rôle de Jeanne d’Arc. La jeune femme tire de cette proposition une force incroyable et l’actrice Inna Tchourikova la rend bouleversante. Un film superbe à découvrir absolument. D’autres films comme celui de Jacques Rivette avec Sandrine Bonnaire auraient mérité de figurer dans notre liste mais sa durée, près de 6 heures, rendait difficile sa programmation. Jeanne d’Arc, sainte aux yeux des croyants, héroïne mythique aux yeux de tous, a inspiré des films magnifiques, grâces lui en soient rendues.

- Olivier Broche
 

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LES FILMS

 

JEANNE D'ARC de Luc BESSON (1999) - France

LA PASSION DE JEANNE D'ARC de Carl Theodor DREYER (1928) - France

LE PROCÈS DE JEANNE D'ARC de Robert BRESSON (1962) - France

JEANNE D'ARC de Georges MELIÈS (1900) - France (court métrage)

SAINTE JEANNE de Otto PREMINGER (1957) - Etats Unis/Grande Bretagne

LE DÉBUT de Gleb PANFILOV (1970) - URSS

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