GRANDE GUERRE ET GRANDES AMOURS


 


Au cinéma, la guerre et l’amour ont toujours fait bon ménage, si l’on peut dire. L’un et l’autre intensifient la vie, l’un et l’autre sont traversés par la peur de la perte, de la mort. Un amoureux ne craint-il pas de perdre son amour comme le soldat a peur de perdre la vie ? Perdre son amour n’est-ce pas un peu perdre la vie ? Le soldat amoureux affronte-t-il mieux la mort ? L’amour peut-il sauver de la mort ? La guerre, ennemie ou amie de l’amour ? Face à toutes ces questions, la Grande Guerre ne fait pas exception et en 2018, il nous a semblé judicieux d’aborder l’amour comme fil rouge pour conclure nos rétrospectives du centenaire.

Le célèbre réalisateur de Loulou et du Journal d’une fille perdue, G. W. Pabst tourne avec Quatre de l’infanterie, son premier film parlant, un film délibérément pacifiste en montrant les horreurs de la guerre (le film sera interdit par les nazis). Mais il raconte aussi l’histoire d’un homme, épris d’une femme qui le trompe, heureux de retrouver ses camarades du front, au mépris de la mort.

Avec l’adaptation du roman de Radiguet paru en 1923, Le Diable au corps, Claude Autant-Lara avec ses scénaristes Aurenche et Bost, provoquent en 1947 un scandale. L’histoire de ce jeune homme amant d’une femme non seulement plus âgée que lui mais surtout mariée à un homme qui est sur le front déchaîne encore en 1947 la colère des bien-pensants. Les carrières de Gérard Philipe et de Micheline Presle sont, elles, lancées.

Dans La Valse dans l’ombre, la guerre sépare ceux qui s’aiment et les renvoient à leur condition sociale. Robert Taylor et Vivien Leigh sont magnifiques dans le très beau mélodrame de Mervyn LeRoy qui voient les deux amants victimes de leurs origines, victimes de la guerre (lui doit combattre, elle se prostituer).

Un long dimanche de fiançailles
de Jean-Pierre Jeunet, c’est l’histoire d’un amour qui ne renonce jamais à croire à l’impossible et c’est cette foi qui finalement permet de déjouer le destin, la fatalité.

Plus complexe est la question de l’amour dans le film de François Ozon, Frantz, qui est un remake du film de Ernst Lubitsch, L’Homme que j’ai tué. Peut-on aimer et être aimé d’une femme dont a tué le fiancé à la guerre ? En temps de guerre ou d’après-guerre, l’amour peut prendre le visage du salut mais aussi celui de la fatalité. Le cinéma ne cesse de balancer entre les deux pour mieux nous bouleverser.

Olivier Broche


LES FILMS


FRANTZ
, de François OZON (2016) - France, Allemagne

LE DIABLE AU CORPS, de Claude AUTANT-LARA (1947) - France

UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES, de Jean-Pierre JEUNET (2004) - France

LA VALSE DANS L’OMBRE, de Mervyn LE ROY (1940) - États-Unis

QUATRE DE L’INFANTERIE, de Georg Wilhelm PABST (1930) - Allemagne


 
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