CORÉE : UNE GUERRE SANS FIN ?

 


Entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, après une guerre ouverte qui dura de 1950 à 1953 et fit plusieurs millions de morts et à laquelle participèrent également la Chine et l’Union soviétique d’un côté, les États-Unis et l’ONU de l’autre, aucun traité de paix n’a jamais été signé.

Des nombreux films tournés dans les années 50, nous en avons retenu deux du vétéran de la 2ème guerre mondiale, Samuel Fuller : J’ai vécu l’enfer de Corée et Baïonnette au canon, tous les deux de 1951, et un autre, un peu plus tardif, Côte 465 (Men in War) d’Anthony Mann. Ces films tendus, secs, précis et remarquablement mis en scène, traitent moins des enjeux de cette guerre qu’ils n’interrogent la guerre elle-même et ceux qui la font. Quelques années plus tard, c’est la paranoïa américaine qui est magistralement montrée par John Frankenheimer dans Un Crime dans la tête à travers le personnage d’un officier, ancien héros de Corée, manipulé à distance par les Rouges. Il faut attendre Robert Altman en 1970 avec M.A.S.H. pour dynamiter avec humour et cruauté ce conflit.

Le 38ème parallèle, invariable frontière entre les deux Corées est montrée dans les films sud-coréens comme la cicatrice qui ne se referme pas. Frères de sang, au titre explicite, est une fresque violente et lyrique, qui prend en charge le cœur même du drame coréen. Entre deux rives renvoie dos à dos à travers la figure d’un pêcheur égaré, le cynisme du Nord et la panique du Sud à la moindre intrusion d’un élément exogène provenant du Nord de la Péninsule. L’un des plus grands cinéastes sud-coréens d’aujourd’hui, Park Chan-Wook, tente lui au contraire dans Joint Security Area, passionnant thriller de 2000, de réconcilier le Nord et le Sud.

En hommage à Claude Lanzmann, nous avons choisi de projeter Napalm dans lequel le cinéaste français nous raconte avec son sens exceptionnel du récit son histoire d’amour avec une Nord-Coréenne en 1958.

En dehors des sentiers battus, le cinéaste américain Jim Finn a réalisé avec The Juche Idea de 2008 un film jubilatoire sur la Corée du Nord qui mélange avec audace documentaire et fiction, propagande, réalité et restitution. Ce même cinéaste nous présentera une vraie curiosité, un film nord-coréen rarissime de 1960, On the Railway.

La multiplicité des points de vue et des genres proposés ici permettront peut-être d’y voir un peu plus clair dans cette guerre fratricide, dernier vestige de la guerre froide.  


- Olivier Broche




LES FILMS


BAÏONNETTE AU CANON, de Samuel FULLER (1951) - États-Unis

J’AI VÉCU L’ENFER DE CORÉE
, de Samuel FULLER (1951) - États-Unis

CÔTE 465
, de Anthony MANN (1957) - États-Unis

M.A.S.H
, de Robert ALTMAN (1970) - États-Unis

FRÈRES DE SANG
, de Je-gyu KANG (2004) - Corée du sud

ENTRE DEUX RIVES
, de Ki-duk KIM (2016) - Corée du sud

JOINT SECURITY AREA
, de Chan-wook PARK (2000) - Corée du sud

UN CRIME DANS LA TÊTE
, de John FRANKENHEIMER (1962) - États-Unis

THE JUCHE IDEA
, de Jim FINN (2008) - États-Unis

NAPALM
, de Claude LANZMANN (2017) - France

ON THE RAILWAY, de Kim Song GYO (1960) - Corée du Nord

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