GRANDE GUERRE ET RÉVOLUTION RUSSE


 

GRANDE GUERRE ET REVOLUTION RUSSE


Malgré la Révolution de février 1917 qui provoque l’abdication du tsar et la formation d’un gouvernement provisoire dirigé par les sociaux-démocrates avec Kerensky à sa tête, la guerre continue à faire des ravages et le pouvoir peine à convaincre. Profitant de cette situation, les Allemands favorisent en avril le retour d’exil en Suisse des éléments russes les plus radicaux qui veulent eux en finir avec la guerre et instaurer un régime communiste. Le Bolchévique Lénine accompagné de ses proches rentre donc en Russie, dans un « wagon plombé» selon la légende. La Révolution d’Octobre peut avoir lieu. Ces « dix jours qui ébranlèrent le monde », selon le titre du livre du journaliste et témoin américain John Reed, inspirent le film Octobre de Serguei Eisenstein commandé par le régime pour célébrer le dixième anniversaire de la Révolution russe. Ce film, qui ne rencontra pas le succès du Cuirassé Potemkine, pousse plus avant les théories sur le montage d’Eisenstein. Les moyens accordés au cinéaste sont considérables. Les reconstitutions sont impressionnantes, en particulier celle de la prise du Palais d’Hiver. Plus de 10 000 figurants participent au tournage. Les personnages dont celui de Lénine, saisissant de ressemblance, sont interprétés par des non comédiens. La musique de Dimitri Chostakovitch ne sera ajoutée qu’en 1967. Film énorme à tous points de vue, Octobre est une œuvre géniale de propagande et de reconstruction historique. Les Faubourgs d’Okraina (1933) de Boris Barnet est en revanche une œuvre modeste qui raconte l’histoire d’un petit village tsariste de 1913 à la Révolution de 1917 en passant par la guerre. C’est un film merveilleux où le tragique et le burlesque, le sentimental et le dérisoire, le politique et le ridicule ne cessent de se mêler. On y rit autant qu’on y pleure. Boris Barnet, l’auteur de La Jeune fille au carton à chapeau (1927) est un grand cinéaste poétique et comique. L’ambition du Chevalier sans armures, grosse production d’avant-guerre anglaise d’Alexandre Korda, mise en scène par le réalisateur français Jacques Feyder, raconte l’histoire d’un journaliste-agent secret (Robert Donat, qu’on a vu dans Les Trente neufs marches d’Hitchcock) infiltré chez les Bolchéviques qui tombe amoureux d’une comtesse russe jouée par Marlène Dietrich, sublime, tout juste sortie des films de Joseph von Sternberg. Dr Jivago, réalisé par David Lean au mitan des années 60, adaptation du grand roman russe de Boris Pasternak interdit dans son pays, fut un véritable défi de production tourné en grande partie en Espagne (et au Canada et en Finlande) où Lean fait construire un des plus prodigieux décors de cinéma. On peut s’émouvoir encore aujourd’hui des amours d’Omar Sharif et de Julie Christie baignées par la musique de Maurice Jarre et sa fameuse Chanson de Lara sur fond de Première Guerre mondiale, de Révolutions russes et de Guerre civile entre les Rouges et les Blancs. « Archipel du goulasch » selon Libération, un sacré mélo quoi qu’il en soit.

- Olivier Broche

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LES FILMS


FAUBOURG D'OKRAINA de Boris BARNETT (1934) – URSS

OCTOBRE de Sergueï Mikhailovich EISENSTEIN (1928) - URSS

LE DOCTEUR JIVAGO de David LEAN (1965) - États-Unis

LE CHEVALIER SANS ARMURE de Jacques FEYDER (1937) – Grande Bretagne


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